La Bibliothèque Numérique des Idées - Présentation

, par valerie Marchand

Liens vers la BNI

Accès à la version française de la BNI : https://tal.lipn.univ-paris13.fr/bni/

Accès à la version anglaise : Digital Library of ideas, avec les oeuvres de Smith et de Hutcheson en version originale : https://tal.lipn.univ-paris13.fr/bni/en/

Présentation de la plateforme

La Bibliothèque numérique des idées ( BNI) permet un accès enrichi et optimisé aux oeuvres de philosophes grâce à une collaboration entre Jeanne Szpirglas ( IA-IPR de philosophie, Académie de Versailles) et Haïfa Zargayouna (LIPN, CNRS UMR 7030, Université Paris 13). Le projet est financé par le Labex EFL.
La plateforme indexe actuellement les œuvres de Adam Smith et Francis Hutcheson (version originale ainsi que certaines traductions), et la liste des auteurs présents dans la BNI sera prochainement enrichie par l’ajout d’autres auteurs. Un travail sur Hume est actuellement en cours d’élaboration.

La collaboration entre le laboratoire d’informatique de Paris Nord et Jeanne Szpirglas a permis de construire deux types de réseaux sémantiques :
- des grilles de lecture par auteur présentent une vision synoptique des œuvres : elles sont construites manuellement et toujours élaborées par un expert. Jeanne Szpirglas a conçu les cartes de navigation au sein des oeuvres de A. Smith et F. Hutcheson.
- des thésaurus recensent les termes du domaine. Ils sont construits à partir d’une amorce de liste de termes extraite automatiquement à partir des œuvres, qui sont ensuite validés et hiérarchisés par l’expert.
Chaque entrée comprend la forme canonique, les variantes et une traduction.

La plateforme permet un accès par auteur. Pour chaque auteur, trois modalités d’accès sont possibles :
- par simples mots clé
- par navigation via la grille de lecture
- par navigation via le thésaurus.
L’utilisation des modalités d’accès est conjointe : en cliquant sur les feuilles des graphes, une recherche est lancée, de même en lançant une recherche, le terme est positionné dans le thésaurus.

Quelles différences par rapport aux outils existants ?

La bibliothèque numérique des idées (BNI) est un projet visant l’optimisation de l’accès aux ressources existantes par une construction qui permette une circulation libre dans l’information, à différents niveaux d’approfondissement.
• Pour dégager l’originalité des fonctionnalités offertes par la BNI, comparons la plateforme avec une recherche sur Adam Smith dans une encyclopédie aujourd’hui (Stanford par exemple)

1. Capture d’écran d’une recherche sur Adam Smith sur Stanford : on obtient certes en premier un résultat pertinent « Adam Smith’s Moral et Political Philosophy », mais aussi des résultats ne prenant en compte que le prénom Adam et qui n’ont rien à voir avec Adam Smith. On obtient aussi quelques liens vers de la littérature secondaire sans pouvoir savoir a priori quelle est la nature de leur travail sur Smith. Par ailleurs, il faut d’abord cliquer sur le nom de l’auteur pour savoir précisément de quelles informations on disposera.

2. Capture d’écran : suite de la page qui s’affiche après requête Adam Smith :
https://plato.stanford.edu/search/searcher.py?query=adam+smith

3. Capture d’écran du résultat obtenu après avoir cliqué sur le lien Adam Smith : on trouve un article synthétique, de niveau moyen par sa destination très générale, et qui comporte quelques renvois conceptuels et bibliographiques, dans une circulation le plus souvent irréversible.

https://plato.stanford.edu/entries/smith-moral-political/#Rel

La BNI permet une toute autre navigation. La présentation est d’abord topologique, elle procède par tableaux dont chaque point ouvre de façon arborescente sur un menu démultipliant les axes et les niveaux de la recherche. Le menu est lui-même le résultat d’un travail sur les occurrences et d’une expertise ayant déterminé une « ontologie ».
En cela, elle se distingue aussi des nouvelles plateformes2, présentant un accès à tout le corpus d’un auteur sans carte de navigation conceptuelle, ou de celles qui proposent au lecteur de tracer, via une application ses propres chemins de
lecture au sein d’une œuvre. Le travail de conception de la grille de lecture de l’œuvre d’un philosophe, réalisé, manuellement, par un expert, est un des points forts de la BNI. Il en va de même pour la validation et la hiérarchisation par l’expert des termes construits à partir d’une amorce de liste de termes extraite automatiquement à partir des œuvre.

Capture d’écran de la Page d’accueil : on arrive sur un premier menu ne comportant que les philosophes présents dans la BNI.

Si on clique sur un auteur (ex Adam Smith), on obtient un nouveau menu qui comporte trois entrées : accéder à la liste des oeuvres indexées, faire une recherche, naviguer (accéder à la grille de lecture de l’œuvre d’Adam Smith réalisée par un expert).

Si on clique sur NAVIGUER, s’ouvre un nouveau menu5 : on obtient alors une première grille de lecture par champs philosophiques de l’œuvre d’Adam Smith qui permet d’orienter les recherches.

Après avoir cliqué sur une des catégories (Philosophie morale), on obtient un menu plus riche qui correspond à une carte conceptuelle permettant de naviguer dans le domaine de la philosophie morale d’Adam Smith. Cette grille de lecture, comme la précédente, est réalisée par un expert (en l’occurrence J. Szpirglas)

Si on clique sur un des concepts de la carte de navigation (par ex : La sympathie), on obtient deux niveaux de lecture :
- un accès à des textes classés par œuvre où se rencontre le terme/concept recherché
- une navigation par concepts philosophiques. Cette navigation par concepts philosophiques est différente de la grille de lecture/carte de navigation qui elle a été réalisée manuellement. Il s’agit de thésaurus recensant les termes du domaine qui ont été construits à partir d’une amorce de liste de termes extraite automatiquement à partir des œuvres, mais qui ont ensuite été validés et hiérarchisés par l’expert.

Si on clique sur « vertu » à partir de la carte des concepts philosophiques, on obtient à nouveau une arborescence enrichie et un accès à des textes classés par œuvre qui comporte le terme « vertu ». La capture d’écran ci-dessous ne restitue que la carte conceptuelle.

De nouvelles fonctionnalités sémantiques

Il est prévu d’ajouter prochainement :

• Une navigation inter-auteurs : Grâce à la mise en correspondance des concepts, il sera possible de trouver les concepts et notions communes entre les auteurs.
• Visualiser une timeline qui permet de positionner les auteurs selon un axe de temps, un courant philosophique, etc.
• Visualiser des liens entre auteurs (e.g. disciple_de).

Exposé des intentions et des usages possibles par la communauté scolaire : BNI et manuel numérique

Le projet BNI participe de l’intégration du numérique dans la formation aux humanités et pourrait déboucher sur la création d’un manuel numérique à destination des professeurs et des élèves.
Le manuel numérique ne peut se contenter d’être un simple manuel numérisé, mais il ne peut pas davantage consister en une liste des ressources accessibles. Les manuels de philosophie, depuis plusieurs décennies, ont pris la forme d’anthologies qui sont à entendre comme une expression de la liberté philosophique reconnue aux professeurs de philosophie. Une simple extension numérique pourrait proposer un élargissement du choix de textes, voire un accès au corpus philosophique libre de droit. Mais le manuel doit permettre de dresser une cartographie des champs de problèmes, de distinguer les concepts, les notions, les philosophèmes6. Le manuel numérique doit donc concilier une liberté de navigation, l’accès à une abondance de ressources, la vision synoptique d’un champ et la possibilité d’une recherche disciplinaire pointue.
Le projet a pris pour point de départ des auteurs, mais grâce à l’ajout de nouveaux auteurs et à la mise en correspondance des concepts, il sera possible de trouver des concepts et notions communes entre les auteurs.
• savoir essentiel, savoir disponible
Le manuel pourra ainsi établir le lien entre les ressources informationnelles disponibles à l’extérieur de l’école et les besoins cognitifs en milieu scolaire. Ainsi conçu, il sera l’occasion d’apprendre aux élèves à déterminer la nature et le niveau d’information requis par les exercices intellectuels qui leur sont demandés. Une telle démarche conduit à interroger la différence entre connaissance et information, à déterminer des connaissances fondamentales et des connaissances secondes ou accessibles que l’élève doit devenir capable de rechercher.
• le partage du savoir, vers des outils « communs » : former et élargir des communautés de savoir.
Le manuel numérique devient un outil commun à l’élève et au professeur. Les ressources numériques font entrer l’élève dans un champ de savoir dont il peut prendre une vision synoptique. Le professeur personnalise les ressources accessibles selon l’orientation qu’il souhaite donner à son enseignement. C’est en ce sens que l’outil numérique opère une individualisation du rapport au savoir. Il permet de se rapporter individuellement à un savoir partagé qui constitue l’objet de référence d’une communauté d’intérêt. Les humanités numériques, par la médiation d’un accès partagé au savoir, renouvellent les configurations sociales. Elles sont un projet indissociablement cognitif et politique à l’instar de ce que représente toute communauté scolaire.

Lien vers le TraAM 2019

Voir en ligne : Sommaire du TraAM 2019 AIX-MARSEILLE, NICE, PARIS, POITIERS, VERSAILLES

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